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Ahlem est un écrivain qui dissimule à travers ses romans un père fantastique qui « hante » sa plume.. Je n'irais pas jusquà dire quil tient « la clef » de ses romans mais il est indéniable quil lui fit porter tout le poids de son histoire personnelle laquelle se confond avec lhistoire de lAlgérie. Son père Mohammed Chérif est un homme très attaché à la poésie et aux auteurs classiques français. Cest un être extrêmement sensible qui adore faire partager Voltaire, Victor Hugo, et Jean Jacques Rousseau à la première personne qui lui prêterait une oreille attentive.
Ahlem, sa fille aînée, a grandi dans un milieu familial dans lequel le père joue un rôle central. Elle se sentait très proche du père, et à travers lui, de loncle considéré comme son frère aîné. Elle subissait déjà les soubresauts de la politique après l'independance qui lui a permis de découvrir une autre facette de la blessure algérienne ( la prise du pouvoir par le colonel Houari Boumediene et la tentative de coup dEtat du colonel Tahar Zbiri ).
Lorsque la guerre dAlgérie éclata ses cousins aînés ( Azzedine et Houba ) avaient toujours saisi la moindre occasion pour se solidariser avec les Moudjahidines notamment en participant aux manifestations estudiantines qui avaient éclattées à Tunis. Ils avaient fini dès 1955 par rejoindre le maquis des Aurès.
Il devra fréquenter de manière assidue le service de psychiatrie de lHospital de larmée. Ahlem était adolescente à cette période. Elle était lycéenne au lycée Aïcha, laînée dune famille de quatre enfants.A elle revenait « le plaisir » de rendre visite à son père hospitalisé à lhôpital de lANP de Bab El Oued au moins trois fois par semaine. La maladie de son père était dune certaine manière la maladie de lAlgérie. Cest ainsi quelle la percevait.
Par ailleurs toujours dans la cadre du bénévolat, le père consacrait une partie de son temps libre à rédiger des ouvrages destinés à lalphabétisation, compagne lancée par le président Ben Bella. Le soir venu, il sassurait que les enfants dormaient, puit se remettait au travail. Lorsque Ahlem toute jeune ( 18 ans ) présentait son émission radio à succès « hamassat », lorsquelle se publiait des articles dans les journaux, lorsquelle décrochait son Baccalauréat, son père en ces moments là était hospitalisé pour elle c'était une souffrance. Une certaine Algérie qui faisait tout dans la douleur.
Au début des années quatre vingt elle renoua avec la littérature en collaborant à plusieurs revues éditées à Paris et à Londres. Ahlem, même si elle fait partie de la nouvelle génération décrivains, elle a derrière elle néanmoins un quart de siècle dactivité dans le domaine de la littérature et du journalisme.
Nest ce pas la plus belle des ambitions que de voir d'autres talents reprendre goût à lécriture... PS : Que les " internautes lecteurs " ne s'imaginent pas que par mégarde, j'ai mis tout au long de ces paragraphes, au devant de la scène, le père, et qu' à Ahlem j'ai presque attribué un rôle second . Croyez-moi tout comme le père se confond avec l'histoire de l'Algérie contemporaine, Ahlem lui emboite le pas, non seulement pour se placer à travers lui en tant que témoin d'une époque, mais aussi pour le perpétuer à l'infini....... Mourad Mosteghanemi |
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